IMPRESSIONS SANS COULEURS

 
Mille fois il s’endort comme un bout de cristal
 Repoussant le silence aux portes du mensonge
 Mille fois le temps se gorge de ce songe
 Comme un soupir forgé de bouches en métal.
 De riches velours noirs froissés sur un étal
 Boivent le ciel sucré d’une goutte d’éponge
 Que le parfum du musc sous chaque mot prolonge
 D’une perle de lèvre au cœur d’un récital.

 L’or presque craquelé d’une longue bougie
 Fond sur de la dentelle à la maille rougie
 D’une épine de sang suspendue au rosier.
 Le parc emmitouflé dans un tulle de brume
 Dorlote le soleil d’une douceur de plume
 En berçant un ruisseau sous un jupon d’osier.

 
Sicard


 Bonne fête papa

 A dix ans, il n’avait plus de mère,
 Une marâtre était auprès du père.
 Faisant fi de son chagrin,
 On le loua à « la saint martin » :
 L’étable pour coucher et la soupe…
 Pour cinq pistoles il fut sous la coupe.
 Dés lors plus rien ne le délie,

 De la grange à la bergerie,
 Des labours à la fenaison,
 Au pesant labeur des moissons.
 Et cette jeunesse brisée, austère,
 La tourmente, le jeta dans la guerre !
 Si le spectre de tranchées, du passé, des obus,
 Voilait ses prunelles si claires,
 Les affronts, les misères, il les portait sans haine
 Son courage toujours reprenait le dessus.
 Sa bonne humeur était partout légendaire,
 Derrière sa charrue, ses chants grisaient la plaine.
 Plus tard, à la veillée dans les chaumières,
 Il animait la soirée toute entière.
 Cet enfant…cet homme…c’était mon père…papa,
 Nostalgique, je l’évoque tout bas.
 Et l’écho, de ses refrains, éclaire encor ma vie.
Quand dans mon cœur il fait trop gris.

Marielle

Ma chère Marielle,
Je n’ai plus mon papa
Mais c’était comme le tien un dieu vivant
Une sensibilité et un cœur et le don de soi
Il m’a transmis tout cela et plus encor
Merci pour ce merveilleux poème
Claude

La clé des songes

Ouvrir la porte sur les songes,
Revoir ton sourire, revoir en songe,
Tes yeux qui dans mes yeux plongent.

Ouvrir la fenêtre sur nos printemps,
Entendre ta voix dire : je t’attend ;
Descendre ensemble les marches du temps.


Dans le jardin, main dans la main,
Et nos regards…des jours lointains,
Dans un songe sans lendemain.

J’en garde seule maintenant la clé,
Des songes des rêves, des mots aimés,
Que je tourne, retourne, pour te retrouver.

Marielle

Ma chère Marielle,
Voilà une clé des songes pleine d’amour
Très émouvante
Pleine de tendresse
Douce poésie
Merci
Claude

Ne hurlons pas avec les loups

A la cantine, elle boude notre cuisine,
Et toi tu ricanes, de la voir repousser « la panne ».
Nous pensons sûrement qu’elle a tort,
Mais entre nous et sa foi, qui doit être le plus fort ?
Puisque tu n’es pas raciste,
Tend lui la main et assiste
Sans rire à sa déconvenue,
Qu’elle se sente moins exclue.
Si elle ne calme son appétit
Un mur tu auras démoli.
« Ne hurlons pas avec les loups dans la neige »
J’ai failli me prendre aussi à ce piège.
Pourtant, cette étrangère, arrivée en tchador,
Que mes prunelles mettaient déjà à mort…
Elle seule, humblement, m’a secourue,
Dans cette nuit où j’étais perdue

Marielle

Ma chère Marielle
Toute ta sensibilité
Exprime ce qui t’a révolté
Un cri bien mesuré
Merci

Claude

La voix des pierres

Depuis combien de temps sont-elles là ?
Pour une chapelle, une villa,
Sous le marteau, sous le burin,
Dans les tempêtes, sous les embruns.
Elles ont connus tous les chagrins
Les révoltes, les colères des humains,
Les cris  de détresse, de démence
Ecoutez-les pleurer dans le silence,
Celles de vos maisons abandonnées,
Celles des églises, des calvaires,
Vieilles masures tristes et délabrées,
Ecoutez-les conter l’histoire de la terre.

Marielle

Ma chère Marielle
Je suis touché que tu écoutes si bien les pierres
Elles nous donnent vraiment le son de leurs prières
J’aime en sentir une vibrer dans la main
Elles sont les conteuses de nos destins
Merci

Claude

Le Vent

C’est une musique, c’est un parfum
Un discret, un importun.
C’est un malin qui se faufile,
Et soulève les jupes des filles .
 
D’où vient-il, où s’en va-t-il ?
C’est un dard….ou une caresse
Un instable, un sans adresse,
Ebouriffant les cheveux mêlant les fils.
Il est quiétude et c’est la brise
Quand il nous berce doucement.
Il est « la peur », c’est l’ouragan,
Qui sur son passage tout brise.
Il est le souffle, l’air qu’on respire…
La tempête qui coule le navire.
Il est partout, il est puissant
Il est dieu… il est le vent

Marielle

Ma chère Marielle,
Ton poème est un véritable chant
Il berce le cœur de mes yeux : c’est charmant
Ce cadeau me fait chaud au cœur
Il me comble de bonheur
Grâce à toi chère mamie
Ce poème me porte au paradis

Claude

Amour et Amitié

 

Le plus grand des amis, vous trahira un jour...

Alors que l'amitié devrait être immortelle.

La plus belle des fleurs au parfum de l'amour,

S'étiolera pourtant alors qu'elle était belle.

 

L'amour le plus ancré, se fane au fil du temps,

L'ami le plus aimant, va un jour disparaitre,

L'amant le plus fougueux, se ternira pourtant,

Devant la jeune fleur qui ne pense qu'à naitre.

 

La mort qui nous attend tout au bout de la route,

Et la seule qui peut, remédier à cela...

Nous qui sommes en vie, nous sommes en déroute,

C'est pourquoi devant Dieu, il nous pardonnera.

 

Je veux croire en l'amour, aux gestes d'amitiés,

Je veux croire en tous ceux, qui m'ont tendu la main,

Je veux croire et pourtant, dans mes yeux tout mouillés,

J'essuie la larme qui, se trace un chemin.

 

Raymond Rainart 
 

Mon cher Raymond,
Ton poème donne des perles dans les yeux
Ses nuances de couleurs vont du noir au bleu
Son réalisme fait vibrer le cœur
Ta présence un véritable bonheur
Tu sais aimer, tu sais donner
Tu mérites d’être aimé, tu mérites à te donner
Les plus beaux sentiments amicaux à l’infini
Pour que dans le ciel reste inscrit ces mots de vie
Tu es le meilleur des amis

Claude